Une fenêtre visible n’est pas nécessairement une fenêtre dans laquelle on peut jouer

Michel Monnard

Michel Monnard

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26/07/2026

Des golfeurs dans une situation de récupération, sous un grand arbre dont les branches présentent des ouvertures balisées pouvant servir de zones de jeu.

Lorsqu’on se trouve dans une situation difficile, sous des arbres ou entre des branches, on cherche généralement d’abord une ouverture visible. Dès qu’on aperçoit le ciel quelque part, on a rapidement l’impression que quelque chose peut passer par là.

C’est pourtant souvent là que réside l’erreur de raisonnement.

Une fenêtre visible n’est pas nécessairement une fenêtre exploitable. Ce n’est pas parce qu’une ouverture est visible que cela signifie automatiquement que le coup peut être exécuté de manière sûre, contrôlée et judicieuse dans des conditions réelles.

La visibilité n’est pas synonyme de jouabilité

Au cours d'une leçon de golf, un golfeur analyse une situation de jeu difficile sous des arbres, avec une hauteur de vol limitée et une ligne de tir risquée vers le green

De nombreux golfeurs évaluent d’abord une situation de récupération à l’œil nu. Ils aperçoivent un espace entre les branches et en concluent que la balle peut passer par là.

Cette perception est compréhensible, mais souvent incomplète.

En effet, la question n’est pas seulement de savoir si une fenêtre est visible, mais :

  • si le ballon peut réellement partir dans cette direction,
  • si l’altitude requise ou l’altitude de vol peut être contrôlée,
  • si la position de la balle permet d’effectuer le coup souhaité,
  • si la raquette choisie permet d’obtenir la trajectoire souhaitée,
  • et si même une erreur normale reste dans les limites d’une marge de sécurité acceptable.

Ce n’est que lorsque ces éléments s’imbriquent les uns dans les autres qu’une ouverture visible devient une fenêtre réellement utilisable.

Une fenêtre jouable nécessite plusieurs évaluations correctes

La jouabilité d’une fenêtre ne dépend pas d’un seul facteur. Elle résulte de l’interaction de plusieurs éléments.

1. Coup d’envoi

Le golfeur doit être capable d’évaluer où la balle va réellement décoller avec le club choisi et le type de coup envisagé. Même de légers écarts peuvent suffire à heurter une branche.

2. Courbe de montée

Ce n’est pas seulement la direction qui est déterminante, mais aussi la vitesse à laquelle le ballon prend de la hauteur. Certaines fenêtres semblent suffisamment grandes à hauteur des yeux, mais s’avèrent trop étroites au début de la phase ascendante de la trajectoire du ballon.

3. Choix de la raquette

Une ouverture peut être jouable avec un club, mais pas avec un autre. Le choix du club influe sur l’angle de départ, la hauteur de la balle, l’effet, la trajectoire et la longueur du coup.

4. Position du ballon

La balle repose-t-elle bien à plat, est-elle enfoncée dans le rough ou légèrement enfoncée dans l’herbe ? La position de la balle détermine en partie la précision du coup et la facilité avec laquelle vous pourrez contrôler sa trajectoire.

5. Qualité des lieux de rencontre

Dans les situations de récupération, il ne suffit pas de simplement imaginer le coup idéal. Le joueur doit également tenir compte de ce qui se passe en cas de contact légèrement trop fin, trop fort ou imprécis.

6. Marge de sécurité

Une fenêtre n’est stratégiquement intéressante que si non seulement le coup parfait peut y être joué, mais aussi si une erreur normale reste acceptable. C’est précisément là que échouent de nombreuses options supposées « réalisables ».

Les coups de récupération échouent souvent en raison d’une perception erronée

Un golfeur s'entraîne à réaliser un coup de récupération en hauteur sous un arbre lors d'un cours de golf sur le parcours

Dans les situations de reprise, de nombreuses erreurs d’appréciation ne résultent pas d’un excès de courage, mais d’une perception incomplète.

Le golfeur voit la fenêtre, mais ne la remarque pas :

  • le moment réel du coup de départ,
  • la phase initiale d’ascension,
  • l’effet de la position du ballon,
  • sa propre dispersion normale,
  • ou les dommages pouvant résulter d’une tentative infructueuse.

De ce fait, une option est considérée comme jouable, alors qu’en réalité, elle n’est ouverte que d’un point de vue théorique.

Au Strategy Lab, cette distinction fait précisément partie intégrante de la perception et de l’analyse de la situation. Il ne s’agit pas de savoir si un coup serait spectaculairement possible, mais s’il est réellement réalisable compte tenu des capacités disponibles, de la situation actuelle et d’une marge de sécurité raisonnable.

La visualisation du coup ne se résume pas à « jouer à travers l’espace libre »

Dans ce genre de situation, de nombreux golfeurs ne visualisent que le moment où la balle passe à travers l’ouverture. Cela ne suffit pas.

Une visualisation complète du coup va plus loin :

  • le début du bal,
  • la courbe de montée précoce,
  • le passage par la fenêtre,
  • la suite du vol,
  • l’atterrissage,
  • et la situation de jeu qui va se présenter ensuite.

C’est justement lors des coups de récupération que cette vision d’ensemble est importante. En effet, un coup n’est pas forcément bon simplement parce qu’il passe à travers les branches. Il doit également déboucher sur une suite logique.

Un jeu prudent et maîtrisé vers une position sûre peut donc s’avérer être un meilleur choix qu’un coup risqué à travers une ouverture apparemment évidente, dont l’issue est incertaine.

Une stratégie de relance ne signifie pas « tout tenter »

Un golfeur effectue un coup risqué le long d'un bunker de green lors d'un cours stratégique sur le parcours de golf

De nombreux golfeurs, lorsqu’ils se trouvent dans une mauvaise position, se sentent poussés à faire quelque chose d’exceptionnel. Ils veulent corriger immédiatement leur erreur et retrouver le plus rapidement possible une bonne position.

C’est pourtant précisément à ce moment-là que le risque d’une succession d’erreurs augmente.

Un coup raté dans le rough ou sous les arbres est souvent aggravé par une tentative de récupération trop optimiste. La balle heurte une branche, retombe ou se retrouve à nouveau dans une position délicate. Un problème se transforme alors en un gros problème.

Une stratégie de reprise ne consiste donc pas à saisir toutes les opportunités qui se présentent. Elle consiste à identifier l’option la plus viable.

Parfois, il s’agit d’un coup créatif qui ouvre véritablement de nouvelles perspectives. Mais bien souvent, c’est la solution maîtrisée qui permet de revenir dans le jeu.

Quand une fenêtre est-elle réellement utilisable ?

Une fenêtre n’est exploitable que lorsque le golfeur peut affirmer en toute objectivité :

  • Je peux envoyer la balle dans cette direction.
  • Je suis en mesure de contrôler suffisamment la hauteur requise.
  • La position de la balle permet d’effectuer le coup prévu.
  • La raquette choisie est adaptée à l’exercice.
  • Même une erreur normale reste dans les limites d’une marge de sécurité acceptable.
  • Ce résultat améliore effectivement la situation.

Ce n’est qu’alors qu’une ouverture visible devient une option stratégiquement judicieuse.

Ce que les golfeurs devraient en retenir

Golfer analysiert eine schwierige Spielsituation unter Bäumen während des Golfunterrichts mit eingeschränktem Schlagfenster zum Grün

De nombreuses erreurs de récupération ne sont pas dues à un manque de courage, mais à une mauvaise évaluation de la situation. C’est pourquoi les golfeurs devraient apprendre à ne pas assimiler trop hâtivement les « fenêtres visibles » aux « fenêtres jouables ».

La question cruciale n’est pas :

Est-ce que je vois une lacune ?

Mais :

Puis-je vraiment effectuer ce coup de manière contrôlée et responsable dans les conditions actuelles ?

C’est précisément à ce stade que se rejoignent la perception, la visualisation du coup, la stratégie de récupération et la qualité de la prise de décision.

Une fenêtre visible n’est pas forcément une fenêtre dans laquelle on peut jouer.

Le logo « Monnard Widmer Coaching Insight », symbole graphique représentant l'enseignement stratégique du golf et les conseils pédagogiques

Toutes les ouvertures visibles ne constituent pas forcément une option exploitable. Ce qui est déterminant, c’est ce que l’on peut contrôler.

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