
Pendant une séance de pitching avec Neo, un jeune golfeur de dix ans ayant un handicap de 54, j’ai observé un mouvement que je ne lui avais jamais enseigné de cette manière.
Neo devait apprendre à amener le club vers la balle avec un angle d’attaque plus descendant. Alors que nous travaillions sur cet objectif, il a développé un mouvement supplémentaire : sa tête remontait à l’approche de l’impact.
Je ne lui avais ni montré ni expliqué explicitement ce mouvement.
C’est précisément ce qui a rendu sa réaction si intéressante. Grâce à mes formations techniques, je connaissais certaines techniques avancées de pitching dans lesquelles les golfeurs utilisent une coordination particulière des mouvements du corps pour influencer l’angle d’attaque et contrôler la profondeur de pénétration du club dans le sol. Des caractéristiques similaires peuvent également être observées chez des joueurs professionnels.
Neo avait développé de manière autonome un mouvement dans lequel j’ai reconnu un principe de coordination comparable. Je n’y ai donc pas vu une erreur technique évidente, mais une solution potentiellement fonctionnelle pour amener le club plus verticalement vers la balle tout en contrôlant le contact avec le sol.
À cet instant, mes connaissances techniques ne m’ont pas servi à apporter une correction supplémentaire. Elles m’ont permis de comprendre pourquoi je pouvais laisser ce mouvement se développer.
Un objectif technique précis, sans imposer un mouvement complet

Dans nos cours de golf, nous rencontrons régulièrement des joueurs dont l’angle d’attaque est trop peu descendant pour certains coups. Cela ne signifie pas qu’un angle d’attaque peu descendant soit systématiquement mauvais. Au contraire, selon la situation, il peut être parfaitement adapté.
De nombreux golfeurs amateurs ont toutefois du mal à modifier volontairement leur angle d’attaque lorsque la situation l’exige. C’est pourquoi nous utilisons régulièrement des exercices destinés à développer un angle d’attaque plus descendant.
Notre objectif technique était donc clair : Neo devait apprendre à frapper ses pitches avec un angle d’attaque plus descendant.
Lorsqu’un golfeur développe une nouvelle capacité, les changements ne se limitent souvent pas au seul paramètre technique travaillé. Une modification peut entraîner des adaptations dans d’autres parties du mouvement, comme une réaction en chaîne.
Un angle d’attaque plus descendant influence également la hauteur du point de contact sur la balle et l’interaction du club avec le sol. Le club doit toucher la balle de manière fonctionnelle sans ensuite pénétrer excessivement dans le sol.
Il ne suffit donc pas de modifier un seul paramètre technique. Les différents éléments du mouvement doivent fonctionner ensemble pour produire le contact recherché.
Pour rendre cette tâche plus compréhensible et plus concrète, nous avons notamment utilisé une situation en pente. Une position de balle différente permet au golfeur d’explorer plusieurs possibilités de trajectoire du club et de contact avec la balle.
L’information technique venait donc de moi. Mais la manière dont Neo organisait son corps pour résoudre le problème s’est développée à travers ses propres essais.
Neo développe sa propre représentation du mouvement

Le moment le plus intéressant est arrivé lorsque Neo a décrit son mouvement avec ses propres mots :
« Vers la gauche, par-dessus, en remontant à travers la balle. »
Cette description montre comment il avait lui-même compris la tâche.
Il ne s’était pas contenté de reproduire une séquence de mouvements entièrement définie par son professeur. Il avait associé certaines informations techniques à sa propre représentation du fonctionnement du coup. Et son idée correspondait remarquablement bien à l’objectif recherché.
Sur la vidéo, on peut observer que sa tête commence à remonter au moment où ses mains passent devant sa cuisse droite.
Pourquoi ma formation technique a fait la différence

Ce qui m’a particulièrement intéressé dans le mouvement de Neo, ce n’était pas seulement le fait qu’il l’ait développé de lui-même.
C’était surtout d’y reconnaître un principe biomécanique et de coordination que j’avais étudié au cours de mes propres formations techniques.
Dans certaines techniques avancées de pitching, les golfeurs peuvent influencer leur angle d’attaque et, si nécessaire, le rendre moins descendant grâce à la coordination temporelle de différents mouvements du corps. Cela permet notamment d’associer une trajectoire de club initialement plus verticale à une profondeur de contact avec le sol mieux contrôlée.
Un mouvement ascendant coordonné, impliquant notamment la jambe gauche et le haut du corps, peut jouer un rôle dans ce processus. L’élément déterminant n’est cependant pas le mouvement isolé de la tête, mais sa coordination avec les autres segments du corps et avec le déplacement du club.
Lorsque Neo a développé spontanément un mouvement comparable, je ne l’ai donc pas automatiquement interprété comme une erreur technique. J’y ai vu une solution potentiellement fonctionnelle à la tâche sur laquelle nous travaillions.
Je n’avais donc aucune raison de modifier davantage son mouvement de pitching à ce stade.
Nous avons plutôt concentré la suite du travail sur un autre aspect qui nécessitait encore des progrès : le contrôle de la direction. Nous avons également intégré cet objectif au programme d’entraînement pendant la semaine.
La vidéo suivante présente un exemple issu du golf professionnel. Il est particulièrement intéressant d’observer la coordination entre les mouvements du corps et celui du club autour de l’impact. Il ne s’agit pas de considérer le mouvement de Neo comme équivalent à celui d’un joueur du Tour, mais de reconnaître certaines caractéristiques comparables.
Découvrir un mouvement ne signifie pas encore le maîtriser
Au cours de l’entraînement, nous avons enregistré un total de 23 coups de pitch à l’aide de notre radar FlightScope Mevo+.
Les mesures du 14 octobre 2026 indiquaient notamment un angle d’attaque moyen de −5,2 degrés et une distance moyenne au carry de 33,7 yards.
Ces données nous aident à mieux comprendre les coups réellement exécutés. Elles ne permettent cependant pas encore de conclure que Neo a développé un mouvement stable.
C’est pourquoi nous distinguons trois étapes : recevoir une information technique, découvrir une solution motrice personnelle, puis apprendre progressivement à coordonner cette solution de manière fiable.
Un mouvement peut déjà fonctionner lors de certains essais sans être encore disponible de manière fiable dans différentes conditions.
C’est également ce que montre la vidéo de Neo.
Son mouvement n’est évidemment pas encore comparable à celui d’un joueur professionnel. Et ce n’est pas nécessaire.

Cette image d’un joueur du Tour illustre une position du club et du corps pendant le downswing. Elle sert de référence visuelle pour observer certains éléments du mouvement, sans prétendre qu’une seule image permette d’évaluer l’ensemble de la coordination.
Neo avait encore des difficultés à coordonner précisément les différentes phases de son mouvement. Le mouvement descendant pendant le downswing et la remontée qui suivait devaient être synchronisés pour que le club rencontre la balle au bon moment et à la bonne hauteur.
Il n’y parvenait pas à chaque essai. Il lui arrivait encore de toucher la balle trop bas sur la face du club ou de la topper.
C’est là une autre leçon importante de cette situation : une solution motrice pertinente peut déjà exister alors que la capacité à la coordonner de manière fiable reste à développer.
Les exigences de coordination d’un swing de golf sont considérables. De petits écarts dans le timing ou dans l’organisation spatiale du mouvement peuvent modifier le point de contact. Ces variations font partie du processus d’apprentissage et ne justifient pas automatiquement de reconstruire l’ensemble du geste.
Notre objectif n’était donc pas d’amener Neo à réussir immédiatement des pitches parfaits. Nous voulions développer une organisation motrice fonctionnelle et l’aider à coordonner progressivement les différents éléments du mouvement avec davantage de précision.
Dans notre Practice Lab, nous ne cherchons donc pas uniquement à provoquer des changements techniques. Nous observons et évaluons également dans quelle mesure les capacités nouvellement développées deviennent progressivement plus fiables.
Ce que cet exemple nous apprend sur l’enseignement du golf
L’exemple de Neo illustre un aspect important de notre philosophie d’enseignement.
Un professeur de golf n’a pas besoin de prescrire chaque mouvement pour permettre à un élève de développer une solution efficace.
Il doit en revanche concevoir des tâches adaptées, observer les mouvements qui apparaissent, interpréter les réactions de l’élève et décider de l’accompagnement nécessaire pour la suite.
Parfois, cela signifie apporter une information technique. Dans d’autres situations, il faut simplifier une tâche ou corriger précisément un élément du mouvement.
Et parfois, la bonne décision consiste à laisser une solution émergente se développer tout en continuant à l’observer.
Cette combinaison de connaissances techniques, d’observation, de tâches d’apprentissage individualisées et d’adaptation pédagogique constitue l’un des fondements de notre Golf Learning System.
Notre objectif n’est pas que tous les golfeurs reproduisent le même mouvement. Nous voulons les aider à développer des capacités fonctionnelles, à les coordonner de manière de plus en plus fiable et, à terme, à les utiliser dans différentes situations sur le parcours.

Monnard Widmer Coaching Insight
Les connaissances techniques ne servent pas uniquement à corriger les mouvements. Elles permettent aussi à un professeur expérimenté de reconnaître les solutions fonctionnelles qu’un golfeur a développées par lui-même.
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